LA COMMUNICATION AVEC VOTRE CHIEN

par la

MÉTHODE  NATURELLE

par Joseph ORTEGA

Avec son aimable

autorisation pour sa publication.

«Ce n’est pas tant ce que les gens ignorent qui cause des problèmes, c’est tout ce qu’ils savent et qui n’est pas vrai»

La communication c’est la capacité d’émettre et de recevoir des signaux de manière efficace. Il y a le verbal, le para-verbal et le non verbal.

L’éthologie sert à décrire et à comprendre les comportements d’une espèce. Du fait de sa longue

cohabitation avec l’humain, les signaux du chien peuvent devenir interspécifiques et être un moyen de communiquer entre eux. La Méthode Naturelle est une philosophie qui permet d’avoir un autre regard sur l’animal.

Nous avons pendant longtemps, mieux étudié les espèces exotiques et souvent peu connue, que le chien, qui est un compagnon de tous les jours depuis prés de 100 000 ans.

Il faut le percevoir tel qu’il est et non tel qu’on l’imagine, avec sa réalité génétique, physiologique, cognitive, relationnelle.

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La question qui reste posée c’est, pourquoi avons-nous choisi le chien, ou pourquoi nous a-t-il choisis ?

En fait, nous passons par les mêmes stades que lui en tant que mammifère et ressentons les mêmes choses.

LE TOUCHER DE COMMUNICATION :

Un sens important pour reconnaître l’environnement et établir un contact profond. Une communication silencieuse si on sait identifier l’émission du signal et l’interpréter. Par exemple, pour sentir et communiquer une charge émotionnelle.

Il est important que la mère soit caressée pendant sa grossesse pour que les futurs chiots soient émotionnellement stables. Une mère traumatisée psychologiquement ou physiquement engendrera des futurs chiens à problèmes. A la naissance les caresses des humains et celles de la mère (léchage) doivent continuer pour faire des chiens mieux résistants aux maladies et au stress.

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Le départ dans la vie, c’est le passage du ventre de la mère au contact étroit avec celui-ci, à l’extérieur, avec association d’agréable grâce à la mamelle nourricière.

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Cette phase est nommée «période sensible», elle dure de 2 semaines de vie à environ 3 mois chez le chiot. Comme chez l’humain ce contact est profond et se prolonge, ce qui n’est pas le cas de toutes les espèces (le caneton s’attache à la mère entre la 13 ème et la 16 ème heure). Cette reconnaissance de l’autre est mutuelle, la mère doit pouvoir être au contact et sait reconnaître ses petits (chez la chèvre il faut au moins 5 minutes de contact avec le chevreau dans l’heure qui suit la naissance).

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Toute carence de contact peut mener chez l’humain comme chez le chien à un manque qui persistera toute la vie. L’éveil sensoriel stimule le développement physique, intellectuel (cognitif), émotionnel et social et forme les bases psychomotrices pour les futurs apprentissages.

Chez l’humain le toucher est un ressenti archaïque, le toucher c’est l’origine animale avec le contact de nécessité contre le froid, pour l’épouillage, la communication qui a précédé le langage élaboré. Chez l’enfant ce contact est une obligation pour le développement et pour survivre par la succion du lait. A la puberté le toucher devient tabou et ne va intervenir que dans les échanges à connotation sexuelle, une civilisation du non-toucher. On ne le retrouvera que dans des substituts comme les massages ou dans des contacts sociaux comme serrer la main pour saluer.

 

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Heureusement, si on a l’impression d’être ridicules et si on éprouve une gêne avec les humains, avec le chien il en va autrement, même si certains maîtres ne savent pas communiquer réellement avec leur animal. On parvient ainsi à communiquer par des rituels qui vont progressivement s’instaurer dans les deux sens, le chien qui pose sa tête sur les genoux du maître ou qui se couche sur le dos sera systématiquement caressé. Si le chien exécute correctement l’exercice demandé, la caresse renforce l’apprentissage, par contre s’il craint quelque chose et qu’on le caresse pour l’apaiser on augmente son stress car on lui démontre que l’on est anxieux (en langage canin).

 

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 L’ÉDUCATION NE DOIT PAS ÊTRE ANXIOGÈNE :

L’objectif d’une bonne communication, c’est d’apprendre la maîtrise de soi et le contrôle par le maître, hors le stress ne permet pas cela. La plupart des problèmes de comportement sont imputables à une mauvaise communication entre le chien et son maître. Selon l’approche systémique mise en évidence par l’école de Palo Alto aux USA dés les années 50, l’étude des comportements déviants doit englober l’animal et sa famille humaine. Il n’y a pas de hiérarchie ou celle-ci est ambivalente, l’animal est pris à la suite de celui qui est décédé et idéalisé (on va sans cesse faire des comparaisons), on va humaniser l’animal jusqu’à en faire un substitut d’enfant et lui prêter des goûts et des sentiments humains (lieu de couchage, nourriture, friandises, sexualité), les situations où on le place sont incorrectes, on ne respecte pas son champ d’isolement, les ordres et les gestes sont ambiguës (les messages sont anxiogènes)…

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Pour commencer, la hiérarchisation, la dominance naturelle qui permet de gérer et de diriger ne se prend pas par la force comme certains le croient, elle se démontre dans des petits gestes quotidiens, des interdits, comme manger avant, refuser certaines zones, faire patienter avant de nourrir, etc. Si l’autorité est librement consentie, on a la stabilité du groupe et même plus, la capacité d’écoute. Il n’obéit pas pour éviter une souffrance mais par la reconnaissance d’une supériorité naturelle. Chez les canidés, un bon leader sait contrôler les autres uniquement par sa «présence» (observez les loups).

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Si le chien s’excite et mordille, on ne le secoue pas par le cou, on pousse un cri, on s’immobilise, on démontre son calme.

Si le chien refuse de revenir au rappel, on ne lui coure pas après en hurlant, et s’il se décide à revenir on le caresse et on le récompense (même si on a envie de l’étrangler), ensuite on ne lui met pas la laisse.

A la marche au pied au lieu de s’énerver, de crier, d’envoyer des secousses sur la laisse, on va lui donner envie de rester en récompensant sa présence.

Quelle est la plus grande punition pour un chien ? Ce n’est pas le collier à pointes ou électrique, la bastonnade, c’est tout simplement l’ignorance, l’isolement social, car cela signifie chez cet animal de groupe le rejet, donc la mise en péril de son existence sans la protection de la meute.

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Une bonne relation c’est le respect mutuel, la collaboration, un partage d’activité amical et ludique, car que cherche le chien ? Comme tout être vivant il préfère ce qui est agréable sur le plan physique, mental et émotionnel. La menace provoque la peur et l’obligation, l’ennui et l’opposition.

UNE RELATION « MAGIQUE » :

Il faut savoir observer son chien

Il faut pouvoir ressentir son chien comme si on était soi-même un chien, en faisant abstraction de notre mental d’humain, avec tous les sens : visuel, olfactif, acoustique, tactile. Chez les peuplades primitives anciennes ou actuelles, il est normal de s’adresser aux animaux et aux plantes, une capacité que nous avons perdue pour percevoir sans frein, sans anthropomorphisme, sans apriori, à l’intérieur de l’autre.

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Certains vont même jusqu’à parler de télépathie (du Grec «télé» : lointain et «pathie» : sensations. Nom qui apparaît en 1882), une perception extrasensorielle qui permet la perception des pensées, émotions, sensations). Le biologiste Rupert Sheldrake a pu démontrer que celle-ci existe, une communication sans langage qui est basée sur l’empathie entre le maître et son chien.

Pour cela il faut avoir un esprit ouvert, une absence de certitude, se libérer des blocages émotionnels, retrouver des sentiments purs comme dans toute approche éthologique. Une relation privilégiée, c’est la communication de deux espèces qui s’associent et communiquent de manière presque «magique» aux yeux des profanes, le chien semble obéir à l’intention, à l’ordre mental !

«Plus on cherche à découvrir l’autre, à comprendre son univers, plus on le considère. Dès l’instant où on ne tente pas cette aventure, on peut commettre des actes de violences sans en avoir conscience»

Boris Cyrulnik

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