Archives de catégorie : Éducation canine

L’ÂGE BÊTE ou LA PUBERTÉ CHEZ LES CHIENS

ou : LA PUBERTÉ CHEZ LE CHIEN

Par Joseph ORTEGA

Les enfants à côté…

c’est du gâteau!

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«Mon chien avait jusqu’à présent un comportement, non pas parfait mais «acceptable», depuis qu’il a commencé à lever la patte pour uriner celui-ci a changé de manière très désagréable. Il aboie pour un rien, il ne revient plus au rappel, il se met à avoir peur des choses qu’il ne connaît pas ou des personnes étrangères, il mordille sa laisse ainsi que nos habits…»

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L’ÂGE BÊTE..!

  On peut définir la puberté comme l’apparition des premières chaleurs pour la femelle et la production de spermatozoïdes par le mâle. Il y a une phase pré-pubertaire, une phase de puberté et une phase d’adolescence. C’est un stade très important pour l’organisme où des transformations vont se réaliser tant d’un point de vue psychique que physique par le biais du processus hormonal.

Chez les humains on appelle cela « l’âge bête » ou « l’âge ingrat » avec la même crise d’identité qui fait remettre en question bien des choses du monde où ils vivent.
Chez le chien le début de la puberté va varier selon la race, de 6 mois à un an, alors que chez son ancêtre le loup elle se situe vers 2 ans.

Cette étape dans son développement est très importante car toute sa vie future et ses relations avec ses maîtres ou l’univers qui l’entoure vont souvent en dépendre.
Lorsque je forme les moniteurs en éducation canine des clubs à mon concept de l’école du chiot©, j’insiste pour que les responsables des classes d’ados soient des gens de grande expérience qui peuvent faire face à des écarts de conduite en conseillant avec à propos les maîtres…

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LES INCOMPRÉHENSIONS DES MAÎTRES

Ils parleront de caprices, d’indépendance, de troubles de l’humeur, de peurs irraisonnées. Ils diront que le chiot fait « du cinéma », qu’il « se moque d’eux », etc.

Un langage anthropomorphique qui explique bien des choses…

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LE DETACHEMENT

Dans la nature ou chez l’éleveur, il va apprendre déjà à se détacher de sa mère autour de la sixième semaine de vie car celle-ci refuse qu’il tète (ses dents font mal, c’est le sevrage naturel), et s’il insiste elle peut le menacer ou même le pincer légèrement. Ce qui entraîne de la part du chiot un cri et la posture sur le dos pour apaiser l’agression. Le chiot apprendra également des autres chiens adultes la soumission et le respect.
Plus tard, vers 16 semaines, les chiots qui pouvaient auparavant partager la gamelle de la mère ou des adultes vont se voir rejeter.
Nous avons là la première indication.
Le chiot doit apprendre à se détacher de l’humain qu’il considère comme un congénère. Un congénère qui peut être, selon ses réactions et le mode de vie qu’il donne à son élève : un égal, un inférieur, un supérieur. Le plus grand défaut des humains, c’est de prendre le chiot pour un enfant et d’entretenir des relations de parent à enfant qui ne correspondent pas aux critères canins. Il est nécessaire dés son arrivée à la maison d’imposer des règles de vie en société, comme celles que reçoit le louveteau dans sa meute. Celles-ci sont claires, précises, immuables, lorsqu’on approche de la puberté ce n’est pas le moment de céder du terrain et d’accorder des privilèges !

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LA HIÉRARCHISATION  SPATIAL 

En toute logique, l’ado qui devient pubère doit être éloigné des zones hiérarchiques sans ambiguïté, il ne doit pas coucher dans la chambre, encore moins dans le lit. Si l’attachement est trop fort à une personne du groupe, en général du sexe opposé, le chien risque de se l’accaparer et refuser l’approche des autres membres de la famille et des étrangers.
Son lieu de couchage est à l’écart, c’est son lieu de repos que l’on doit respecter. Il est facile de conditionner le chiot à un carré de tissu qui représente la « place » et que l’on pose dans sa corbeille. Ce carré de tissu nous sera bien utile en voyage ou au restaurant car cela permettra d’envoyer notre chien dessus « à ta place », il y sera détendu car c’est un repère important qui sécurise en milieu inconnu.

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LES MORDILLEMENTS DE LA LAISSE ET DES HABITS.

Un défaut de hiérarchisation se fabrique avec les éléments que nous avons évoqués, il est donc tout à fait normal que votre ado revendique et se rebelle s’il est contrarié ou simplement pour attirer votre attention. Au lieu de taper du pied ou de claquer les portes comme un jeune humain, le chiot qui devient un chien va manifester à sa façon. Une crise d’opposition qui consiste à faire la sourde oreille au rappel, à mordiller la laisse ou les habits… Un petit test sur ses maîtres afin de savoir jusqu’où il peut aller trop loin !
La rééducation de ce comportement très gênant qui risque de dégénérer ne doit pas avoir recours comme certains le préconise à la prise en main avec brutalité et douleur pour « dominer » à tout prix, il faut garder à l’esprit qu’il s’agit d’une crise passagère. Il existe des centaines de chiens dont les rapports amicaux avec le maître ont étés définitivement brisés en usant de cette méthode.
L’idéal, c’est de dévier l’attention au moment du mordillement, à l’aide de la balle de jeu par exemple. Dans les cas les plus difficiles on peut avoir recours au pistolet à eau qui est d’un usage commode pour pénaliser à distance.
Pour le destructeur de laisse, c’est encore plus simple, il suffit de mettre une laisse en chaînette (le métal, désagréable aux dents, fera cesser le comportement sans que le maître intervienne).

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La puberté est un mauvais moment à passer pour certains maîtres, en général cette période ne dure que 1 à 2 mois, le temps que la chimie interne de notre jeune écervelé se mette en place. Il faudra s’armer de patience, ne pas chercher à entrer en conflit ouvert en évitant les situations d’affrontement, contentez-vous de maintenir les règles de base concernant la place du chien dans la famille humaine avec le détachement obligatoire.

Il n’est ni un enfant, ni un jouet amusant qu’on transporte partout dans les bras (chien de petite taille), c’est un canidé qui répond aux lois instinctives de son espèce…

 

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LA COMMUNICATION AVEC VOTRE CHIEN

par la

MÉTHODE  NATURELLE

par Joseph ORTEGA

Avec son aimable

autorisation pour sa publication.

«Ce n’est pas tant ce que les gens ignorent qui cause des problèmes, c’est tout ce qu’ils savent et qui n’est pas vrai»

La communication c’est la capacité d’émettre et de recevoir des signaux de manière efficace. Il y a le verbal, le para-verbal et le non verbal.

L’éthologie sert à décrire et à comprendre les comportements d’une espèce. Du fait de sa longue

cohabitation avec l’humain, les signaux du chien peuvent devenir interspécifiques et être un moyen de communiquer entre eux. La Méthode Naturelle est une philosophie qui permet d’avoir un autre regard sur l’animal.

Nous avons pendant longtemps, mieux étudié les espèces exotiques et souvent peu connue, que le chien, qui est un compagnon de tous les jours depuis prés de 100 000 ans.

Il faut le percevoir tel qu’il est et non tel qu’on l’imagine, avec sa réalité génétique, physiologique, cognitive, relationnelle.

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La question qui reste posée c’est, pourquoi avons-nous choisi le chien, ou pourquoi nous a-t-il choisis ?

En fait, nous passons par les mêmes stades que lui en tant que mammifère et ressentons les mêmes choses.

LE TOUCHER DE COMMUNICATION :

Un sens important pour reconnaître l’environnement et établir un contact profond. Une communication silencieuse si on sait identifier l’émission du signal et l’interpréter. Par exemple, pour sentir et communiquer une charge émotionnelle.

Il est important que la mère soit caressée pendant sa grossesse pour que les futurs chiots soient émotionnellement stables. Une mère traumatisée psychologiquement ou physiquement engendrera des futurs chiens à problèmes. A la naissance les caresses des humains et celles de la mère (léchage) doivent continuer pour faire des chiens mieux résistants aux maladies et au stress.

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Le départ dans la vie, c’est le passage du ventre de la mère au contact étroit avec celui-ci, à l’extérieur, avec association d’agréable grâce à la mamelle nourricière.

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Cette phase est nommée «période sensible», elle dure de 2 semaines de vie à environ 3 mois chez le chiot. Comme chez l’humain ce contact est profond et se prolonge, ce qui n’est pas le cas de toutes les espèces (le caneton s’attache à la mère entre la 13 ème et la 16 ème heure). Cette reconnaissance de l’autre est mutuelle, la mère doit pouvoir être au contact et sait reconnaître ses petits (chez la chèvre il faut au moins 5 minutes de contact avec le chevreau dans l’heure qui suit la naissance).

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Toute carence de contact peut mener chez l’humain comme chez le chien à un manque qui persistera toute la vie. L’éveil sensoriel stimule le développement physique, intellectuel (cognitif), émotionnel et social et forme les bases psychomotrices pour les futurs apprentissages.

Chez l’humain le toucher est un ressenti archaïque, le toucher c’est l’origine animale avec le contact de nécessité contre le froid, pour l’épouillage, la communication qui a précédé le langage élaboré. Chez l’enfant ce contact est une obligation pour le développement et pour survivre par la succion du lait. A la puberté le toucher devient tabou et ne va intervenir que dans les échanges à connotation sexuelle, une civilisation du non-toucher. On ne le retrouvera que dans des substituts comme les massages ou dans des contacts sociaux comme serrer la main pour saluer.

 

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Heureusement, si on a l’impression d’être ridicules et si on éprouve une gêne avec les humains, avec le chien il en va autrement, même si certains maîtres ne savent pas communiquer réellement avec leur animal. On parvient ainsi à communiquer par des rituels qui vont progressivement s’instaurer dans les deux sens, le chien qui pose sa tête sur les genoux du maître ou qui se couche sur le dos sera systématiquement caressé. Si le chien exécute correctement l’exercice demandé, la caresse renforce l’apprentissage, par contre s’il craint quelque chose et qu’on le caresse pour l’apaiser on augmente son stress car on lui démontre que l’on est anxieux (en langage canin).

 

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 L’ÉDUCATION NE DOIT PAS ÊTRE ANXIOGÈNE :

L’objectif d’une bonne communication, c’est d’apprendre la maîtrise de soi et le contrôle par le maître, hors le stress ne permet pas cela. La plupart des problèmes de comportement sont imputables à une mauvaise communication entre le chien et son maître. Selon l’approche systémique mise en évidence par l’école de Palo Alto aux USA dés les années 50, l’étude des comportements déviants doit englober l’animal et sa famille humaine. Il n’y a pas de hiérarchie ou celle-ci est ambivalente, l’animal est pris à la suite de celui qui est décédé et idéalisé (on va sans cesse faire des comparaisons), on va humaniser l’animal jusqu’à en faire un substitut d’enfant et lui prêter des goûts et des sentiments humains (lieu de couchage, nourriture, friandises, sexualité), les situations où on le place sont incorrectes, on ne respecte pas son champ d’isolement, les ordres et les gestes sont ambiguës (les messages sont anxiogènes)…

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Pour commencer, la hiérarchisation, la dominance naturelle qui permet de gérer et de diriger ne se prend pas par la force comme certains le croient, elle se démontre dans des petits gestes quotidiens, des interdits, comme manger avant, refuser certaines zones, faire patienter avant de nourrir, etc. Si l’autorité est librement consentie, on a la stabilité du groupe et même plus, la capacité d’écoute. Il n’obéit pas pour éviter une souffrance mais par la reconnaissance d’une supériorité naturelle. Chez les canidés, un bon leader sait contrôler les autres uniquement par sa «présence» (observez les loups).

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Si le chien s’excite et mordille, on ne le secoue pas par le cou, on pousse un cri, on s’immobilise, on démontre son calme.

Si le chien refuse de revenir au rappel, on ne lui coure pas après en hurlant, et s’il se décide à revenir on le caresse et on le récompense (même si on a envie de l’étrangler), ensuite on ne lui met pas la laisse.

A la marche au pied au lieu de s’énerver, de crier, d’envoyer des secousses sur la laisse, on va lui donner envie de rester en récompensant sa présence.

Quelle est la plus grande punition pour un chien ? Ce n’est pas le collier à pointes ou électrique, la bastonnade, c’est tout simplement l’ignorance, l’isolement social, car cela signifie chez cet animal de groupe le rejet, donc la mise en péril de son existence sans la protection de la meute.

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Une bonne relation c’est le respect mutuel, la collaboration, un partage d’activité amical et ludique, car que cherche le chien ? Comme tout être vivant il préfère ce qui est agréable sur le plan physique, mental et émotionnel. La menace provoque la peur et l’obligation, l’ennui et l’opposition.

UNE RELATION « MAGIQUE » :

Il faut savoir observer son chien

Il faut pouvoir ressentir son chien comme si on était soi-même un chien, en faisant abstraction de notre mental d’humain, avec tous les sens : visuel, olfactif, acoustique, tactile. Chez les peuplades primitives anciennes ou actuelles, il est normal de s’adresser aux animaux et aux plantes, une capacité que nous avons perdue pour percevoir sans frein, sans anthropomorphisme, sans apriori, à l’intérieur de l’autre.