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LA COPROPHAGIE

Article inspiré des écrits de Joseph ORTEGA et avec son aimable autorisation pour sa publication.

Le chien qui mange des crottes ? Un problème surtout pour le maître, avec des causes médicales ou comportementales…..

toilet-piquenique.jpgDéfinition :
Ingestion (phagie) des matières fécales (copro), les siennes ou celles de ses congénères. On peut dire également «scatophagie». Le risque, c’est la transmission de parasites par léchage, sinon si pour le maître c’est très désagréable, pour le chien cela ne l’est pas !

bashancaca.jpg Coprophagie naturelle :

Chez certaines espèces comme les rongeurs et les lapins (animal coecotrophe), c’est une obligation pour récupérer des nutriments importants (vitamines du groupe B) qui ne sont pas absorbés par le tube digestif lors du premier passage. On doit différencier l’animal qui mange ses propres crottes, celui qui mange celles de ses congénères et celui qui mange celles des autres espèces.

Les canidés sont préparés génétiquement.

L’ingestion peut être normale dans certains cas :

– La mère pour garder le nid propre
– Le chiot pour reconnaître l’environnement et pour faire sa flore intestinale, jusqu’à l’âge de 6 mois environ.

Si chez le chien adulte l’acidité gastrique peut détruire les bactéries nocives, chez le chiot et le chien âgé le risque existe. La coprophagie semble toucher plus particulièrement les sujets d’un âge moyen de 2 ans (tout comme les troubles du comportement qui y sont souvent associés).

Il peut également avaler les crottes de mouton, vaches, lapins, cheval comme complément nutritif (ce que fait son ancêtre le loup, qui par contre, ne mange ses crottes qu’en milieu confiné comme le zoo) ou par trouble alimentaire (Pica).

 

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Certaines races sont plus sujettes à la coprophagie, comme les chiens nordiques, par déficits en amylases qui permet la digestion de l’amidon.

 

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Un chien adulte normal n’est pas attiré par les excréments des autres chiens, sauf pour y lire le message olfactif des phéromones qui lui permet de découvrir la carte d’identité du congénère (sexe, statut hiérarchique, etc.). Il évitera, par exemple, de se coucher à un endroit où il y a une crotte.

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LES CAUSES FAVORISANTES :

– Chiens en chenils ou chenils mal nettoyés, imitent les congénères, ou concurrence alimentaire (la vitesse d’ingestion donne une mauvaise assimilation).

– Mauvais apprentissage de la propreté chez le chiot.
– Imitation de la mère ou d’un autre chien coprophage à l’élevage.

– Éleveur qui ne veille pas à la propreté et qui ne sort pas les chiots régulièrement.

– Séparation précoce de la mère.

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C’est lors de la socialisation primaire qu’il apprend les contrôles comme celui de la morsure ou de ses sphincters, en même temps qu’il trouve un équilibre avec le milieu sans en avoir peur (homéostasie sensorielle).

A 3 mois il peut se retenir 4 heures, à 4 mois 5 heures…Surtout ne pas laisser les crottes lorsqu’il est seul, même si c’est naturel qu’il mange des crottes, cela peut devenir une mauvaise habitude.

Surveiller : il tourne en rond, il flaire, il gémit, il s’accroupit. Je le sors immédiatement et je le félicite lorsqu’il fait.

 

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Le sortir : au réveil, après le repas (réflexe gastrocolique), après une activité comme le jeu, avant le coucher.
Donner des repas à heures fixes.

 

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Parasitisme intestinal :

S’il n’est pas vermifugé régulièrement, une mauvaise digestion entraîne une mauvaise absorption des glucides, lipides, protéines. Les parasites responsables : helminthes et protozoaires. Les pertes sanguines contenues dans les selles, dues à l’atteinte des muqueuses, attirent les chiens.
Attention à l’hygiène dans les chenils : locaux, matériel, conservation des aliments.
Faire une coproscopie pour les identifier et cibler le traitement par vermifuge : ankylostomes, trichures, ascarides, Giardia.
Dans les selles on trouve normalement : eau, azote, ammoniac, urée, cellules intestinales, poils, minéraux, glucides…

Contamination

crottes-anciennes.jpg En ingérant des crottes anciennes, par exemple lors de promenades, il y a un risque de contamination virale, d’intoxication par des bactéries, des champignons…

Déséquilibre alimentaire

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– Défaut d’apport : ration insuffisante, changement de nourriture, manque de lipides ou de protéines

– Défaut d’absorption : fibres, matières grasses, amidon

– Défaut d’utilisation

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– Déficit en vitamine B1 : trop de protéines ou de glucides. Donne amaigrissement et retard de croissance et troubles nerveux = Levure de bière
– Déficit en minéraux et oligo-éléments : léchage des murs, ingestion de cailloux, de terre, d’herbe, c’est le «Pica» imputable souvent à une gastrite chronique. (Irritation de l’estomac, fermentation microbienne) avec prédisposition à la torsion d’estomac.

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– Excès de glucides : ration avec trop d’amidon ou céréales (pain, pâtes, pomme de terre) = ajouter des protéines (croissance, lactation, travail)

– Manque de digestibilité : aliments de mauvaise qualité (trop de collagène, mauvaises cuissons, plumes, tendons, etc.). Donne des crottes putrides qui attirent les chiens.

– Déficits enzymatiques : insuffisance pancréatique, hépatique, biliaire. Donne des selles avec des éléments non digérés, jaunes, huileuses. On trouve un amaigrissement et un poil terne. Traitement aux enzymes pancréatiques qui fait cesser la plupart du temps la coprophagie.

– Additifs industriels: mal digérés
Normalement avec une alimentation correcte en produit sec, pour 100g ingérés on trouve 40 g environ de selles.

 

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Comment corriger ?

Le vétérinaire

On commence par la visite vétérinaire pour identifier l’origine du problème : Type d’alimentation, déséquilibre alimentaire, déficit enzymatique, parasitose… Si on prend l’exemple de l’insuffisance pancréatique (chiens nordiques, Bergers Allemands), elle peut être congénitale ou acquise, suite à une pancréatite. On trouve une intolérance au gluten chez le Setter irlandais.
Le traitement est adapté au niveau diététique ou médical, avec, un complément alimentaire, le changement de nourriture, la prise de médicaments ou de vermifuges, etc.